|
|
|
En lisant le livre d’Hélène Ibanez Bueno, on comprend combien cet ouvrage nous manquait. Avec 619 photos, des comptes rendus d’expositions et des notes biographiques sur chacun des artistes figurant dans l’ouvrage, Art Vivant constitue un véritable état des lieux de l’art sur le territoire […] Le titre peut laisser perplexe. Doit-on parler d’art vivant ou d’art contemporain ? L’art contemporain apparaît comme un laboratoire de formes, parfois difficile d’accès. En outre, il évoque des lieux d’exposition nouveaux, conçus ou non pour l’art, des réseaux de centres d’art et des marchés où l’on tente d’appréhender les goûts des amateurs d’art du futur. L’art vivant se caractérise davantage par son attachement à une tradition artistique, quitte à la rénover. Art d’atelier et de galerie, plus local, il est accessible à tous. Si l’on se réfère à ces propos, le terme Art vivant est pertinent et reflète bien la diversité des expériences artistiques. Comme l’écrit Gérard Masson dans la postface de l’ouvrage, il s’agissait « non pas d’englober un genre mais le domaine d’une activité humaine qui a pour particularité de s’être déroulée à Nouméa ces dernières années ». Hélène Ibanez Bueno parle, à propos de son travail, d’un témoignage sur le « présent de l’art » en Calédonie. […] Ce qui pour HIB caractérise le mieux l’art en Calédonie, c’est sa grande diversité. Diversité d’origine des artistes : à ce titre, aucune exclusive dans ses choix. Les artistes présents dans son ouvrage sont ceux qui créaient sur le territoire au cours de la période envisagée, quelle que soit leur origine. Comme le dit justement Florence Giuliani dans un des textes du livre : « Certains d’entre eux ont de profondes racines dans ce pays, d’autres viennent d’un autre contexte culturel, mais ont créé des liens forts avec cette terre-là ». Certains de ces artistes ne vivent plus en Calédonie, mais leur trace demeure, et toute trace contribue à l’enrichissement de la création artistique. Diversité également des techniques et média utilisés : certains se tournent résolument vers le contemporain : vidéos, photos et installations. D’autres restent fidèles à des matériaux et techniques plus traditionnels : bambous gravés, bois, tressage. D’autres enfin mettent des matériaux naturels au service de la création contemporaine […] Passerelle jetée entre tradition et modernisme. Diversité des lieux d’exposition. Tous les lieux ayant accueilli des expositions collectives sont envisagés. […] Elle conserve ainsi le souvenir de la demi-lune dont nous a privés Erica. Diversité des textes enfin. Nombreux sont ceux qui ont prêté leur plume à HIB, chacun, rendant compte des expositions de son choix et écrivant en toute liberté, a apporté au livre un ton attachant : mouvements d’humeur ou d’humour, lyrisme ou réflexion. Dans la première préface, Jean-Jacques Garnier, chargé de mission aux Affaires culturelles au ministère de la Culture et de la Communication, définit joliment l’ouvrage comme « un inventaire à la Prévert qui donne la parole à ceux qui font vivre et grandir l’art contemporain dans ce pays », tandis que François Bogliolo, professeur d’université, souligne que ce livre est un hommage au métissage. […] Un livre passionnant, très riche et qui intéressera tous ceux qui, amateurs d’art ou non, s’intéressent à la vie culturelle du territoire et qui apprécieront la très grande objectivité de l’auteur et son refus des jugements tout faits.
C. Meillac, in Objectif n° 39, août 2005, p. 72-3.
[…] À la lecture, on perçoit que ce travail documenté recouvre un intérêt sociologique de première importance. Non seulement parce que le sujet porte sur un moment significatif de l’histoire calédonienne cette période commence avec l’Accord de Nouméa et se poursuit avec un changement de millénaire mais parce qu’il s’agit de l’image de la société calédonienne, de sa représentation. Ouverte dans ses différences, l’actuelle scène artistique calédonienne apparaît dans sa profusion plutôt comme un ensemble disparate de petits groupes juxtaposés aux connections territoriales. On y apprend que des raisons plus sensibles déterminent des pratiques créatrices qui cherchent, directement par la confrontation, leur potentiel de qualité dans leur proximité même si elles se trouvent subverties par la mondialisation. On perçoit les mutations qui se sont produites en quelques années seulement dans les mentalités. Confrontés aux multiplicités, les arts contemporains tirent bénéfice de la prise en compte des arts Premiers au sein de leur contexte de constitution.
G. Masson, in Correspondances océaniennes, mai 2006, p. 38.
Précisons que l’ouvrage a reçu le prix du Gouvernement au SILO 2005 (Salon International du Livre Océanien) à Poindimié.
e.mail : leclectic@lagoon.nc
|
|
|