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Yvette Bouquet est née en 1955 à Koumac. Elle a exposé en Nouvelle-Calédonie une dizaine de fois à titre individuel (ADCK, galerie Cimaise, bibliothèque Bernheim, centre d’Art, etc.). Elle a également participé à de très nombreux salons et expositions collectives tant en Nouvelle-Calédonie qu’à l’extérieur de territoire : à Nouméa, au centre culturel Tjibaou, en brousse (Koné, Bourail, Poindimié, Pouembout, Pouébo, Dumbéa, Hienghène, Boulari, Houaïlou…), à Port-Vila (Vanuatu), à Rarotonga pour le VIe Festival des arts du Pacifique, à Paris,
La Rochelle
, à Sydney, à Apia, aux Samoa occidentales, à Bâle, en Suisse, etc. Son travail est fondé sur la tradition kanak, qui est sienne. Elle narre le quotidien familial, mais également les légendes transmises par ses grands-parents, l’arrivée des Européens, ou encore les signes laissés par les aïeux.
« Il y a ainsi chez Yvette Bouquet une délicatesse de tracé qui frise la méticulosité lorsque les personnages se courbent ou s’alignent sur un bambou. Elle grave ou dessine de minuscules événements qui ont marqué sa vie, le discours du grand-père, la relation d’une légende, etc. Elle trace en noir sur ces épais papiers qui peuvent n’être rien d’autre que des peaux d’arbre. Parfois elle recouvre des bambous de figures colorées quasi géométriques, contrastées, où les tons se soutiennent pour s’exalter les uns les autres. Mais on ne peut y voir aucune gratuité. Ces tracés reprennent ceux plus anciens, et difficilement datables des pétroglyphes, , pierres fixes et grises de la tradition,, transformées en bâtons joyeux et debout, ou en galets étranges, par l’acrylique flamboyante d’Yvette. Il y a dans cet usage particulier des supports un déplacement de matériaux, quelque chose d’une transcendance, une transmutation comme pourraient la nommer les passionnés d’alchimie. La pierre froide devient bois qui peut brûler, les spirales fixes et plates, serpentent sur des volumes mobiles et transportables. Les tracés traditionnels gardent leur mystère mais perdurent au travers d’une pratique contemporaine qui en renouvelle l’usage et l’interprétation. De même, les scènes dessinées réactualisent le choix de la narration mais n’oublient pas d’être autant de stations dans la mémoire des ancêtres. L’ancrage est là, révélateur discret de l’intimité identitaire. Une révolution lilliputienne, à la loupe, comme l’histoire qui les a commises. Ces figures de l’enfance, découvertes, soumises à la question, réservées à l’abondance imaginaire des gestes artistiques » […]
Francesca Caruana, in Art Vivant ; Nouvelle-Calédonie : l’art au passage du XXIe siècle, éditions L’Éclectique, H. Ibanez Bueno, Nouméa, 2005, p. 126.
CONTACTS :
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